Ce qu’il faut savoir sur la loi Carrez
- Le lot doit mesurer au moins 8 m² en copropriété pour entrer dans le calcul.
- Seules les surfaces à 1,80 m de hauteur sous plafond ou plus comptent.
- Un écart supérieur à 5 % ouvre droit à une baisse de prix.
- Vous disposez d’un an après la signature pour agir.
4 faits vérifiés4 sourcesmis à jour le 7 août 2026
Un mesurage encadré
La loi Carrez impose une méthode précise, avec des surfaces incluses et exclues.
Un délai pour agir
Si la surface réelle est plus petite, vous pouvez demander une baisse de prix pendant un temps limité.
La loi Carrez tient en une obligation simple : mentionner la surface privative exacte d’un lot de copropriété dans l’acte de vente. Je le dis d’emblée, car c’est le point qui surprend le plus de futurs propriétaires : cette règle ne couvre pas tous les logements, et un écart de quelques mètres carrés peut peser lourd sur le prix payé. Comprendre ce que ce dispositif mesure vraiment vous évite bien des mauvaises surprises au moment de signer.
Que dit la loi Carrez du 18 décembre 1996 ?
Le texte fondateur est la loi n° 96-1107 du 18 décembre 1996, portée par le député Gilles Carrez et précisée par le décret n° 97-532 du 23 mai 1997. Elle s’inscrit dans l’article 46 de la loi du 10 juillet 1965 sur le statut de la copropriété, et oblige tout vendeur d’un lot, ou d’une fraction de lot, à indiquer la superficie privative dans le compromis puis dans l’acte authentique. L’objectif est simple : éviter qu’un acheteur découvre, une fois les clés en main, qu’il a payé pour des mètres carrés qui n’existent pas. Si la mention manque purement et simplement dans l’acte, l’acheteur peut même invoquer la nullité de la vente devant un tribunal.
La règle ne s’applique qu’aux lots de copropriété d’au moins 8 m². En dessous, aucune mention n’est exigée. Pour tout savoir sur la façon dont un professionnel calcule les surfaces en m² d’un logement, la méthode Carrez fixe la référence la plus stricte du marché.

Quelles surfaces entrent dans le calcul ?
Le principe retenu est celui du plancher des pièces closes et couvertes, dès lors que la hauteur sous plafond atteint 1,80 m. Sont comptées les pièces à vivre, les chambres, la cuisine, les couloirs, les salles d’eau, ainsi que les combles ou vérandas fermées qui respectent cette hauteur. En revanche, on retranche systématiquement l’épaisseur des murs, les cloisons, les cages d’escalier et les embrasures de portes et fenêtres.
Dans un studio ou un petit deux-pièces, cette soustraction n’est jamais anodine. Elle explique pourquoi la surface Carrez affichée est presque toujours inférieure à la surface habitable annoncée à l’oral par l’agence. Deux logements avec le même nombre de pièces peuvent d’ailleurs afficher un écart net une fois le calcul réglementaire appliqué, simplement parce que la disposition intérieure et la hauteur des combles diffèrent d’un bien à l’autre. Ce point mérite d’autant plus votre attention sur les petites surfaces, où chaque mètre carré pèse dans le prix au mètre carré. Si vous visitez un studio de 25 m², gardez ce réflexe : demandez le certificat Carrez avant de vous fier au chiffre affiché sur l’annonce.
| Élément | Compté dans la surface Carrez |
|---|---|
| Pièce fermée, plafond à 1,80 m ou plus | Oui |
| Combles ou véranda aménagés, mêmes conditions | Oui |
| Balcon, terrasse, loggia ouverte | Non |
| Cave, garage, place de parking | Non |
| Partie sous 1,80 m de hauteur | Non |
Les surfaces que la loi Carrez exclut
Trois catégories sortent toujours du calcul, quelle que soit leur taille : les surfaces non closes comme les balcons et terrasses, les annexes comme les caves, garages et places de stationnement, et les volumes trop bas de plafond. Ce dernier point piège souvent les acheteurs de biens anciens, où les combles mansardés perdent une bonne partie de leur surface au moment du mesurage réglementaire.
❌ Une idée reçue a la vie dure : penser que la loi Carrez protège aussi l’acheteur d’une maison individuelle. Elle ne concerne que les lots de copropriété, jamais une maison vendue seule, avec ou sans terrain.
Le nombre de pièces annoncé dans une annonce ne dit d’ailleurs rien de la surface réelle : deux appartements avec le même nombre de pièces peuvent afficher des mètres carrés très différents. C’est aussi ce qui explique pourquoi le nombre de pièces d’un appartement influence son loyer ou son prix sans toujours refléter sa surface Carrez exacte.
Erreur de surface : quels recours pour vous ?
Si la surface réelle mesurée après la vente est inférieure de plus de 5 % à celle inscrite dans l’acte, vous pouvez demander au vendeur une diminution du prix proportionnelle au manque de mètres carrés. Cette action se prescrit un an après la signature de l’acte authentique : passé ce délai, plus aucun recours n’est possible sur ce fondement. À l’inverse, si la surface réelle est supérieure à celle annoncée, vous ne devez rien de plus au vendeur.
Je recommande toujours de faire vérifier le mesurage par un professionnel indépendant avant de signer, même quand le vendeur assure avoir déjà tout calculé correctement. Sur un bien vendu 300 000 €, un mètre carré manquant coûte vite plusieurs milliers d’euros de trop-perçu.

Qui mesure la surface et combien cela coûte-t-il ?
Aucun texte n’impose de faire appel à un professionnel pour établir la surface Carrez, mais je déconseille de vous fier à une simple estimation à l’œil, aussi juste vous semble-t-elle. En cas de litige, seul un mesurage réalisé par un tiers qualifié fait vraiment foi. Trois profils interviennent le plus souvent :
- Le géomètre-expert, pour les biens complexes ou les copropriétés récentes.
- Le diagnostiqueur immobilier certifié, souvent sollicité en même temps que le DPE.
- L’agent immobilier formé au mesurage, pour les biens simples et déjà bien connus.
Comptez généralement entre 70 € et 200 € pour ce mesurage, selon la taille du bien, sa complexité et la ville où il se situe. Un studio se mesure en général vers le bas de cette fourchette, un grand appartement mansardé vers le haut, car chaque angle de toit demande une vérification séparée de la hauteur sous plafond. L’attestation obtenue garde toute sa valeur sans limite de durée, tant qu’aucun agrandissement ni cloisonnement ne vient modifier le logement.
Ne confondez pas la surface Carrez avec la surface habitable de la loi Boutin, entrée en vigueur en 2009 : cette dernière encadre les locations vides à usage de résidence principale, pas les ventes en copropriété. Les deux calculs se ressemblent, mais ils ne servent ni le même contrat ni le même moment de votre parcours immobilier.

Maison individuelle, VEFA : les biens non concernés
La loi Carrez laisse de côté deux situations fréquentes. D’abord la maison individuelle, copropriété ou non, qui échappe totalement à cette obligation de mesurage. Ensuite les ventes en VEFA, c’est-à-dire les logements achetés sur plan avant leur construction, où d’autres règles de surface s’appliquent. Dans ces deux cas, mieux vaut vérifier la cohérence des plans, même si aucun recours ne peut s’appuyer sur ce texte.
Une fois l’achat conclu et la surface confirmée, vient l’étape suivante : organiser le déménagement. Je vous renvoie volontiers vers nos conseils pour bien préparer son premier emménagement, une fois que le dossier de vente est réglé.
FAQ sur la loi Carrez
Qui doit réaliser le mesurage Carrez ?
Aucune loi n’impose un professionnel précis. Le vendeur peut mesurer lui-même, mais un géomètre-expert ou un diagnostiqueur certifié limite le risque d’erreur et de litige après la vente.
Que se passe-t-il si la surface annoncée est fausse ?
Au-delà d’un écart de 5 %, vous pouvez réclamer une diminution du prix proportionnelle, dans un délai d’un an après la signature de l’acte authentique.
Une maison individuelle est-elle concernée par la loi Carrez ?
Non. Seuls les lots de copropriété d’au moins 8 m² entrent dans le champ de cette loi, quel que soit le prix du bien.
Le certificat Carrez a-t-il une date de péremption ?
Non, il garde sa validité sans limite de durée, sauf si des travaux modifient la surface ou l’agencement des pièces mesurées.
Votre bien est-il concerné par la loi Carrez ?